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Coulisses11 min de lecture18 juin 2026Voir le site en ligne

Modaïka : mon plus gros projet, et l'envie de l'incuber un jour

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Sur ce portfolio, j'ai présenté beaucoup de projets : certains scolaires, d'autres pour de vrais clients en alternance, d'autres encore fictifs pour explorer un style. Modaïka est différent. C'est le seul projet auquel je repense encore, des mois après la soutenance de Bachelor. Le seul que j'ai continué à faire évoluer sans que personne ne me le demande. Et c'est le seul dont j'aimerais vraiment faire une entreprise un jour.

L'idée derrière Modaïka

L'idée, je ne l'ai pas trouvée seule derrière un écran. C'est ma belle-sœur, Émilie Bout, qui a été la première à en cerner le potentiel. Et très vite, l'idée m'a beaucoup intéressée à mon tour : j'ai commencé à penser design, parcours utilisateur, identité visuelle, puis architecture technique. C'est exactement ce mélange-là qui me fait vibrer, imaginer une interface avant de la coder, et c'est ce qui a transformé une simple discussion en vrai projet.

Émilie Bout
Émilie Bout
Docteure en cybersécurité, CEO de Tornade.io

Docteure en cybersécurité (thèse menée avec la DGA et l'Inria, sur la protection des réseaux sans fil et la création d'attaques intelligentes exploitant le machine learning), aujourd'hui à la tête de Tornade.io. Elle y forme entreprises et professionnels à la sécurité informatique, convaincue que la sensibilisation est une arme essentielle face aux menaces actuelles. Un regard d'experte, rigoureux et exigeant, qui a été le déclencheur de tout Modaïka.

Modaïka part d'un constat simple : le monde du mannequinat reste structuré autour d'intermédiaires lourds : agences, castings papier, mises en relation informelles sur les réseaux. Un mannequin qui débute galère à centraliser son portfolio, à trouver des opportunités fiables, à se faire repérer sans passer par un réseau déjà établi. À l'inverse, une marque ou un photographe qui cherche un profil précis perd du temps à trier des dizaines de comptes Instagram.

L'idée de Modaïka, c'est une plateforme qui centralise tout ça : un portfolio numérique structuré pour chaque mannequin, un système de recherche et de mise en relation pour les agences et les marques, et une gestion des candidatures/bookings qui remplace les échanges dispersés par mail ou DM.

1
développeuse, du wireframe au déploiement
3
rôles utilisateurs distincts à gérer
8+
mois d'itération après la soutenance
100%
responsive, testé sur mobile réel

Une direction artistique éditoriale

Modaïka s'adresse à des mannequins et à des marques, un univers où l'image doit primer sur tout le reste. J'ai fait un choix radical : quasiment aucune couleur, seulement du noir et du blanc, pour que les photos des mannequins restent l'unique source de couleur à l'écran. Le nom du site est traité en majuscules, dans une police serif imposante, pour donner ce ton "maison de mode" dès la landing page.

Le logo
Logo Modaïka
La police du site
Playfair Display
L'élite des talents locaux
AaBbCcDd0123456789
La palette du site
Noir — fond, navigation
#131313
Blanc — typographie, respiration
#FFFFFF

D'un projet fil rouge à une obsession

Modaïka est né dans le cadre du projet fil rouge de mon Bachelor : seul le format était imposé : un cahier des charges, une deadline, une note à la clé. Le sujet, lui, je l'ai choisi moi-même. Ce n'est ni l'école ni un professeur qui m'a dit "fais une plateforme pour mannequins" : j'ai fait ce choix parce que ce sujet touchait exactement à l'intersection de ce qui me passionne, la mode et l'image d'un côté, le développement et le produit de l'autre. Une fois la soutenance passée, j'ai continué à itérer dessus, à retravailler les maquettes, à corriger des choix techniques que je referais différemment aujourd'hui. Un projet scolaire ne devient pas un vrai produit tout seul ; il le devient quand on continue d'y toucher après la note, sur un sujet qu'on a choisi et non pas reçu.

Les choix qui ont failli tout casser

Le vrai piège de Modaïka n'était pas visuel, il était dans les données. Un mannequin peut recevoir plusieurs propositions de booking sur la même période, venant de plusieurs agences qui ne se parlent pas entre elles. Sans garde-fou, rien n'empêchait de confirmer deux bookings qui se chevauchent le même jour, ce qui, dans la vraie vie, ruinerait la crédibilité de la plateforme en une seule erreur. J'ai dû repenser tout le modèle de données autour d'une seule question : comment vérifier une disponibilité de façon fiable, avant même d'écrire l'écran qui l'affiche.

js
// Vérifie qu'un nouveau booking ne chevauche aucun booking déjà confirmé
function hasBookingConflict(existingBookings, { startDate, endDate }) {
  return existingBookings.some((booking) => {
    if (booking.status !== "confirmed") return false;
    return startDate <= booking.endDate && endDate >= booking.startDate;
  });
}

// Appelé avant toute confirmation, jamais après
router.post("/bookings/:id/confirm", authenticate, requireRole("agence"), async (req, res) => {
  const booking = await Booking.findById(req.params.id);
  const existingBookings = await Booking.findByModel(booking.modelId);

  if (hasBookingConflict(existingBookings, booking)) {
    return res.status(409).json({ error: "Le mannequin est déjà booké sur cette période." });
  }

  booking.status = "confirmed";
  await booking.save();
  res.json(booking);
});
Ce que ça m'a appris
Un bug d'interface se voit et se corrige vite. Un bug de logique métier, lui, peut vivre des semaines en silence avant de casser la confiance d'un utilisateur. Depuis Modaïka, je pense d'abord aux règles invisibles d'un produit, bien avant de penser à son design.

Sous le capot : l'architecture technique

J'ai voulu une base technique honnête : pas la stack la plus impressionnante possible, mais une stack que je maîtrise assez pour la faire évoluer seule, sur la durée.

  • Frontend en React avec hooks modernes, mis en forme avec Tailwind CSS pour itérer vite sur l'UI.
  • Backend Node.js/Express, API REST organisée par ressources (profils, candidatures, bookings, messages).
  • Authentification JWT avec gestion de rôles distincts : mannequin, agence/marque, administrateur.
  • Base de données pour les profils et portfolios, avec des mises à jour en temps quasi réel sur les candidatures.
  • Un design system complet sur Figma, mis à jour avant chaque évolution significative du code, jamais l'inverse.
js
// Exemple simplifié : middleware de contrôle d'accès par rôle
function requireRole(...allowedRoles) {
  return (req, res, next) => {
    const { role } = req.user; // injecté par le middleware d'authentification JWT
    if (!allowedRoles.includes(role)) {
      return res.status(403).json({ error: "Accès refusé pour ce rôle." });
    }
    next();
  };
}

// Seules les agences peuvent consulter les candidatures reçues
router.get(
  "/bookings/received",
  authenticate,
  requireRole("agence"),
  getReceivedBookings
);

Modaïka Mobile : penser petit écran sans perdre l'exigence

Une fois la version desktop fonctionnelle, j'ai ouvert le site sur mon téléphone : boutons trop petits, menu illisible, temps de chargement frustrant. La refonte mobile n'a pas été un simple ajout de media queries. J'ai repris les maquettes Figma en partant du plus petit écran : burger menu animé avec zones tactiles suffisamment grandes, composants adaptatifs plutôt que deux versions séparées du même écran, lazy loading des images pour réduire le temps de chargement initial. Testé sur iPhone, Android et tablette, pas seulement dans les DevTools.

La passion, ce n'est pas de finir un projet pour la note. C'est de continuer à y croire quand plus personne ne note.

Et si Modaïka devenait une vraie entreprise ?

C'est la question que je me pose sérieusement aujourd'hui. J'ai la preuve technique que je peux construire seule une application Full-Stack complète, de l'authentification à l'interface, en passant par les règles métier qui évitent les catastrophes silencieuses. Ce qui me manque, ce n'est pas la capacité à coder le produit, c'est de le confronter à de vrais utilisateurs et de le structurer comme une entreprise, pas comme un projet d'école.

  • Valider le besoin avec de vrais mannequins et de vraies agences, au-delà de mon intuition et de mon entourage.
  • Clarifier un modèle économique viable (commission sur booking, abonnement agences, ou les deux).
  • Transformer le prototype actuel en MVP testable par un vrai panel d'utilisateurs, pas seulement un jury.
  • Candidater auprès d'un incubateur (structure d'école, French Tech régionale, ou programme généraliste) pour être accompagnée sur la partie business que je ne maîtrise pas encore.

Je ne sais pas encore si Modaïka deviendra une vraie entreprise. Mais c'est le premier projet pour lequel j'ai vraiment envie de me poser la question sérieusement, plutôt que de le ranger dans un dossier "projets scolaires" une fois la note obtenue. Si vous travaillez dans le mannequinat, l'incubation ou que cette idée vous parle simplement, n'hésitez pas à m'en parler : le formulaire tout en bas de cette page ne sert pas qu'à discuter de sites vitrines.

CoulissesModaïkaFull-StackStartup

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Illustration Imène Bentifraouine